Le Programme d'aide à la recherche industrielle (PARI) du CNRC a pour mandat de « stimuler la création de richesse pour le Canada par l'innovation ». Il devrait s'agir de l'un des programmes les plus puissants administrés par le gouvernement fédéral pour y parvenir, en fournissant environ 500 millions de dollars chaque année en contributions non remboursables.1. Cependant, le programme souffre de problèmes majeurs.
Il a des coûts d'exploitation très élevés comparativement à des programmes gouvernementaux semblables. Plus de 15 % du financement est utilisé pour l'exécution des programmes, soit près de dix fois plus que des programmes comparables comme le Fonds stratégique pour l'innovation2. Cette démarche est motivée par un processus à plusieurs étapes de haute qualité qui nécessite un travail important pour identifier et effectuer une diligence raisonnable sur les projets.
La série complexe de facteurs utilisés pour « choisir les gagnants » mène à une répartition du capital de faible qualité. Aujourd'hui, le PIRAP couvre un tiers des coûts du projet et on estime qu'il n'induit que 0,88$ de recherche par dollar investi.3 comparativement aux programmes au R.-U.4 ou Norvège5 cette déclaration est de 2$ ou plus. Cela implique que ces fonds sont utilisés pour des projets que les entreprises ne poursuivraient pas autrement.
De plus, la distribution des contributions crée frais généraux importants pour les entreprises. Pour recevoir des fonds, les entreprises soumettent des rapports de dépenses mensuels une fois que les coûts ont déjà été engagés, ce qui oblige les bénéficiaires à consacrer des ressources importantes à la documentation plutôt qu'à l'innovation.
Avec des changements fondés sur les comparaisons mondiales les plus réussies, comme la Corée du Sud, la Finlande et Taïwan, le programme peut atteindre sa mission grâce à quatre réformes ciblées :
À l'heure actuelle, l'IRAP distribue les contributions au moyen d'un processus complexe en six étapes qui commence par un examen pratique de l'admissibilité et se termine par une évaluation officielle du projet. Entre ces étapes se trouvent de multiples séries de propositions, d'évaluations et de négociations qui peuvent durer des mois. Chaque demande fait l'objet d'un examen approfondi de la part de conseillers en technologie industrielle qui organisent des réunions de diagnostic, préparent des rapports internes et guident les entreprises dans l'élaboration de propositions.
Ce système crée une inefficacité massive. Pour chaque tranche de 100$ dépensée pour le PARI, plus de 15$ sont consacrés aux coûts administratifs plutôt qu'à l'innovation. Le programme emploie des centaines de conseillers en technologie industrielle (ITA). Mais ces TI ont généralement une expérience limitée en entrepreneuriat ou en affaires et passent leur temps à examiner les demandes de remboursement de dépenses et à effectuer des évaluations techniques plutôt que d'évaluer les résultats commerciaux.
L'approche actuelle ne permet pas non plus d'aligner les incitatifs. Les entreprises sont récompensées pour avoir dépensé de l'argent de manière préapprouvée plutôt que de créer de la valeur. Les exigences en matière de rapports mensuels obligent les bénéficiaires à consacrer du temps au personnel à la paperasse plutôt qu'au développement de produits. Les bénéficiaires doivent soumettre des feuilles de temps détaillées, des registres de paie et des factures ainsi que de longs rapports de situation décrivant les changements apportés aux échéanciers et aux objectifs.
Plus important encore, le programme ne remplit pas son mandat de création de richesse. Selon les estimations, le PIRAP n'entraînerait que 0,88$ de recherche supplémentaire par dollar investi, bien en deçà des niveaux de référence internationaux. Cela donne à penser que le programme finance des projets que les entreprises feraient de toute façon plutôt que de stimuler une véritable innovation. Les critères d'évaluation complexes mettent l'accent sur la faisabilité technique plutôt que sur le potentiel de marché, en omettant le lien entre la recherche et la valeur économique réelle.
Prenons l'exemple d'une jeune entreprise technologique canadienne typique qui cherche du financement au titre du PIRAP aujourd'hui. L'entreprise communique d'abord avec un conseiller qui examine son plan d'affaires et mène des entrevues. S'il est jugé admissible, un conseiller en technologie industrielle est chargé de recueillir des renseignements détaillés et de préparer un rapport de diagnostic. L'entreprise reçoit ensuite une invitation à soumettre une proposition officielle, qui fait l'objet d'une évaluation d'une durée maximale de 65 jours ouvrables. Après approbation, un accord de contribution unique est négocié et signé. Enfin, l'entreprise commence à produire des rapports mensuels sur les dépenses et l'état du projet en attendant les remboursements.
Dans le cadre du système réformé, cette même entreprise présenterait une demande normalisée en ligne assortie de critères clairs. En quelques jours, un filtrage automatisé déterminerait l'admissibilité en fonction de facteurs objectifs comme les preuves de validation du marché. Une évaluation simplifiée axée sur le potentiel de création de richesse permettrait de prendre une décision dans les délais publiés. Après approbation, l'entreprise recevrait un financement complet dès le départ et se concentrerait sur le développement de son entreprise plutôt que sur la gestion de la paperasse.
Ces réformes transformeront le PARI d'un fardeau administratif à un véritable moteur de l'innovation canadienne, réduisant les coûts tout en améliorant les résultats tant pour le gouvernement que pour les bénéficiaires.
Les pays qui ont mis en place des programmes d'innovation réussis ont déjà résolu ces problèmes au moyen de processus simplifiés et de critères axés sur le marché.
Entreprises Finlande exploite un portail numérique simple pour le traitement des demandes dans les trois mois au moyen de modèles normalisés, ce qui réduit considérablement les frais administratifs tout en maintenant l'intégrité du programme. Le programme prévoit le paiement initial de 70 % des coûts du projet7.
Programme TIPS de la Corée du Sud nécessite une validation du marché avant un financement substantiel, réalisant des investissements de suivi de plus de 8 milliards de dollars et créant plus de 15 000 emplois depuis 20138 en se concentrant sur des entreprises qui ont fait leurs preuves plutôt que sur des projets de recherche spéculatifs.
Programme SBIR de Taïwan fournit des paiements forfaitaires initiaux partiels plutôt que des fonds fondés sur le remboursement afin de réduire le fardeau administratif et d'améliorer les flux de trésorerie pour les bénéficiaires. Les secteurs atteignant des ratios de rendement allant jusqu'à 4:1 où les entreprises génèrent 4$ de revenus supplémentaires pour chaque dollar investi par le gouvernement9.
Le gouvernement devrait mettre en œuvre quatre changements précis pour transformer le PARI en un programme efficace de création de richesse tout en maintenant l'intégrité du programme.
Créer une application numérique simplifiée. Remplacer l'approche actuelle du PARI par un processus simple qui limite les décisions subjectives. Voici à quoi ça pourrait ressembler
Établir la validation du marché comme principal critère d'admissibilité. La taille de la subvention devrait correspondre au succès démontré sur le marché en fonction des revenus annuels, des contrats d'exportation ou du financement de capital de risque plutôt que de la complexité de la recherche.
Éliminer les rapports mensuels au profit du financement initial et de la responsabilisation annuelle. Une fois le projet approuvé, les bénéficiaires devraient recevoir immédiatement le montant intégral de la subvention, éliminant ainsi les contraintes de trésorerie qui ralentissent l'innovation. Les rapports de dépenses mensuels et les mises à jour de situation peuvent être remplacés par des rapports annuels présentant des paramètres commerciaux clairs, y compris la croissance des revenus, le développement des exportations et la génération de propriété intellectuelle. Des exigences de remboursement claires s'appliqueraient à l'utilisation abusive des fonds tout en permettant une flexibilité raisonnable dans les catégories de coûts, les vérifications aléatoires préservant l'intégrité du programme.
Transformer l'IRAP en un champion visible de l'innovation canadienne. Le programme devrait célébrer publiquement les investissements fructueux en utilisant les données du rapport annuel pour démontrer l'impact et encourager d'autres entrepreneurs. Cette approche suit les pratiques exemplaires des fonds de capital-risque consistant à mettre en valeur les sociétés de portefeuille tout en fournissant des signaux précieux sur le soutien du gouvernement aux secteurs émergents.
Cette approche ne réduira-t-elle pas la surveillance du programme et n'augmentera-t-elle pas le risque de fraude ? Le financement initial assorti des exigences de validation du marché améliore en fait la surveillance. Les entreprises doivent démontrer une réelle traction sur le marché avant de recevoir un financement substantiel, ce qui crée une responsabilisation plus forte que la surveillance des dépenses. Des mécanismes de remboursement et des procédures de vérification clairs maintiendront l'intégrité du programme tout en réduisant le fardeau administratif.
Cela nuira-t-il aux petites entreprises qui n'ont pas de revenus ou d'investissements existants ? De petites contributions de moins de 50 000$ demeurent disponibles pour les entreprises en phase de démarrage, fournissant un soutien essentiel sans nécessiter de validation approfondie. Cela crée une progression naturelle où les entreprises prouvent leur potentiel avant d'accéder à des montants de financement plus importants, comme c'est le cas sur les marchés d'investissement privés.
La validation du marché ne favorise-t-elle pas certains types d'entreprises par rapport à d'autres ? La validation du marché est la mesure la plus objective du potentiel de création de richesse disponible. Les revenus, les contrats d'exportation et les investissements institutionnels démontrent clairement que les clients apprécient l'innovation d'une entreprise. Cette approche appuie tous les secteurs tout en veillant à ce que les fonds des contribuables aient un impact économique réel au lieu de financer des recherches qui n'atteignent jamais le marché.
Le PARI représente l'un des plus importants investissements en innovation au Canada, mais des processus complexes et des incitatifs mal alignés l'empêchent de remplir son mandat de création de richesse. En rationalisant les demandes, en mettant l'accent sur la validation du marché, en éliminant le fardeau administratif et en célébrant les réussites, ces réformes transformeront le PARI en un véritable moteur de la prospérité et de la croissance économique du Canada.
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