Si nous voulons conserver notre position de chef de file mondial de l'enseignement supérieur et continuer d'attirer les esprits les plus brillants du monde, alors le Canada doit s'attaquer à sa pénurie de logements étudiants. Nos cibles :
Le système d'enseignement supérieur du Canada est de renommée mondiale et attire des étudiants de partout au pays et de partout dans le monde. Mais bien que nous ayons créé des établissements universitaires de classe mondiale, nous n'avons pas réussi à créer des logements adéquats pour les étudiants qui les fréquentent. Cette déconnexion menace de miner l'un des plus grands avantages concurrentiels de notre pays.
Pensez à Alexandra Mussar, une étudiante de l'Université de Guelph qui a passé six mois à chercher un logement, pour finir par payer 840$ par mois pour une chambre exiguë avec des dégâts d'eau et des éviers dysfonctionnels dans une maison partagée avec six autres étudiants.1. Ou Rahish Jariya, un étudiant international indien étudiant à Waterloo, qui a trouvé des propriétaires facturant 650$ par mois pour partager une chambre individuelle avec trois autres personnes2.
Il ne s'agit pas de cas isolés. On estime que 1,2 million d'étudiants au Canada ont du mal à trouver un logement abordable chaque année3. Seulement 10,3 % des étudiants canadiens non locaux ont accès à des logements spécialement conçus pour les étudiants, ce qui est loin derrière des pays comparables comme le Royaume-Uni (27 %) et les États-Unis (16 %)4. Les experts estiment que le Canada a besoin d'au moins 300 000 lits supplémentaires à l'échelle nationale juste pour répondre à la demande actuelle5.
La crise du logement a un impact direct sur le bien-être des élèves. En Nouvelle-Écosse, près de la moitié des étudiants déclarent sauter de l'épicerie pour payer le loyer6. Et, dans les villes universitaires comme Halifax, les loyers ont augmenté de 18 % en une seule année7.
Le problème s'aggrave. Le nombre d'inscriptions au niveau postsecondaire a presque doublé depuis 20008, alors que la construction de logements sur le campus stagne depuis les années 19909. Les écoles ont augmenté le nombre d'inscriptions à l'étranger sans augmentation correspondante des logements pour étudiants construits à cet effet. En conséquence, les étudiants sont poussés vers des marchés locaux déjà tendues du logement, rivalisant avec les familles et les professionnels en poste et faisant grimper les prix pour tout le monde.
Les étudiants internationaux contribuent annuellement plus de 37 milliards de dollars à notre économie10. Si les pénuries de logements les dissuadent de choisir le Canada, nous risquons de perdre non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan des talents, de l'innovation et de la compétitivité mondiale. Des étudiants de villes comme Peterborough (Ontario) et Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, ont déjà demandé aux universités de geler la croissance des inscriptions jusqu'à ce que l'offre de logements rattrape son retard.11.
Le Canada peut résoudre cette crise grâce à une approche coordonnée qui rassemble les gouvernements fédéral et provinciaux, les établissements universitaires et les promoteurs privés afin d'augmenter rapidement l'offre de logements étudiants. En tirant des leçons de modèles réussis tant au Canada qu'à l'étranger, nous pouvons transformer ce défi en une occasion de renforcer notre système d'éducation.
De nombreuses administrations ont réussi à remédier à la pénurie de logements étudiants grâce à des interventions stratégiques ciblées et à des partenariats novateurs.
Projet de loi 185 de l'Ontario fait preuve d'un potentiel prometteur en exemptant les universités financées par l'État de l'application de la Loi sur l'aménagement du territoire et des dispositions relatives au contrôle des plans d'implantation en vertu de la Loi sur la cité de Toronto, ce qui permet d'accélérer l'approbation et la construction de projets de logements étudiants sur des terrains appartenant à des universités12. Combinée aux exemptions pour les droits d'aménagement et autres droits municipaux prévues par le projet de loi 134, cette initiative provinciale simplifie les processus réglementaires et encourage l'élaboration de nouveaux PBAS offrant un modèle qui pourrait inspirer des efforts similaires partout au Canada.13.
Le Royaume-Uni a transformé son paysage du logement étudiant au moyen d'une stratégie nationale qui a porté leur taux d'offre à 27 % en encourageant l'investissement privé dans des logements construits sur mesure tout en maintenant des normes de qualité14. Leur système de planification axé sur le rendement a simplifié les approbations de projets répondant à des critères précis, ce qui a mené à la construction de plus de 300 000 nouveaux lits d'étudiants entre 2010 et 202015.
Irlandela Stratégie nationale de logement pour les étudiants a combiné des réformes réglementaires avec des investissements directs, établissant un volet de financement dédié et des processus de planification accélérés pour les logements étudiants16.
Le Canada doit lancer une stratégie nationale audacieuse en matière de logement étudiant qui réponde à la fois aux besoins immédiats et au renforcement des capacités à long terme. Cette stratégie exigera une coordination entre tous les ordres de gouvernement, les établissements d'enseignement et les promoteurs privés, avec un leadership fédéral clair.
Le succès sera mesuré principalement par le nombre de nouveaux lits d'étudiants créés, et les cibles annuelles se rapprocheront de l'objectif de 300 000. D'autres mesures comprendront le taux national de provision et la satisfaction des étudiants à l'égard des options de logement. Un tableau de bord public fera le suivi de ces mesures au moyen de mises à jour trimestrielles.
La crise du logement étudiant menace l'un des plus grands atouts du Canada : notre système d'éducation de calibre mondial. En mettant en œuvre cette stratégie nationale sur le logement étudiant, nous pouvons ajouter 300 000 nouveaux lits d'étudiants d'ici cinq ans, ce qui améliorera les résultats scolaires, stimulera la croissance économique et allégera la pression sur les marchés du logement à l'échelle nationale. Cette approche audacieuse transformera les conditions de vie des étudiants, rehaussera la réputation du Canada en tant que destination éducative et démontrera notre capacité à relever des défis complexes grâce à une action coordonnée. Nous devons agir maintenant pour continuer à offrir une main-d'œuvre instruite et à héberger l'avenir du Canada.
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