Résoudre la crise du logement étudiant

Proposed by

Richard Abboud

Founder & CEO Forum Asset Mgmt
Notre système d'enseignement supérieur de calibre mondial est miné par une grave pénurie de logements étudiants. Construisons plus de maisons pour loger certains de nos esprits les plus brillants.
Les logements pour étudiants construits sur mesure (PBSA) ne sont disponibles que pour 10 % des étudiants non locaux et plus de 1,2 million d'étudiants ont du mal à trouver un logement de quelque type que ce soit chaque année.
Grâce à des mesures incitatives ciblées et à des réformes réglementaires, nous pouvons ajouter 300 000 lits d'ici cinq ans, ce qui transformera notre secteur de l'éducation et contribuera à bâtir une main-d'œuvre plus instruite et un Canada plus fort.

Objectifs

Si nous voulons conserver notre position de chef de file mondial de l'enseignement supérieur et continuer d'attirer les esprits les plus brillants du monde, alors le Canada doit s'attaquer à sa pénurie de logements étudiants. Nos cibles :

  • Ajouter 300 000 nouveaux lits d'étudiants à l'échelle nationale d'ici cinq ans grâce à une stratégie fédérale-provinciale coordonnée
  • Augmenter le taux de provision de logements pour étudiants construits sur mesure (PBSA) de 10 % à 25 % d'ici 2030

Contexte et motivation

Le système d'enseignement supérieur du Canada est de renommée mondiale et attire des étudiants de partout au pays et de partout dans le monde. Mais bien que nous ayons créé des établissements universitaires de classe mondiale, nous n'avons pas réussi à créer des logements adéquats pour les étudiants qui les fréquentent. Cette déconnexion menace de miner l'un des plus grands avantages concurrentiels de notre pays.

Pensez à Alexandra Mussar, une étudiante de l'Université de Guelph qui a passé six mois à chercher un logement, pour finir par payer 840$ par mois pour une chambre exiguë avec des dégâts d'eau et des éviers dysfonctionnels dans une maison partagée avec six autres étudiants.1. Ou Rahish Jariya, un étudiant international indien étudiant à Waterloo, qui a trouvé des propriétaires facturant 650$ par mois pour partager une chambre individuelle avec trois autres personnes2.

Il ne s'agit pas de cas isolés. On estime que 1,2 million d'étudiants au Canada ont du mal à trouver un logement abordable chaque année3. Seulement 10,3 % des étudiants canadiens non locaux ont accès à des logements spécialement conçus pour les étudiants, ce qui est loin derrière des pays comparables comme le Royaume-Uni (27 %) et les États-Unis (16 %)4. Les experts estiment que le Canada a besoin d'au moins 300 000 lits supplémentaires à l'échelle nationale juste pour répondre à la demande actuelle5.

La crise du logement a un impact direct sur le bien-être des élèves. En Nouvelle-Écosse, près de la moitié des étudiants déclarent sauter de l'épicerie pour payer le loyer6. Et, dans les villes universitaires comme Halifax, les loyers ont augmenté de 18 % en une seule année7.

Le problème s'aggrave. Le nombre d'inscriptions au niveau postsecondaire a presque doublé depuis 20008, alors que la construction de logements sur le campus stagne depuis les années 19909. Les écoles ont augmenté le nombre d'inscriptions à l'étranger sans augmentation correspondante des logements pour étudiants construits à cet effet. En conséquence, les étudiants sont poussés vers des marchés locaux déjà tendues du logement, rivalisant avec les familles et les professionnels en poste et faisant grimper les prix pour tout le monde.

Les étudiants internationaux contribuent annuellement plus de 37 milliards de dollars à notre économie10. Si les pénuries de logements les dissuadent de choisir le Canada, nous risquons de perdre non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan des talents, de l'innovation et de la compétitivité mondiale. Des étudiants de villes comme Peterborough (Ontario) et Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, ont déjà demandé aux universités de geler la croissance des inscriptions jusqu'à ce que l'offre de logements rattrape son retard.11.

Le Canada peut résoudre cette crise grâce à une approche coordonnée qui rassemble les gouvernements fédéral et provinciaux, les établissements universitaires et les promoteurs privés afin d'augmenter rapidement l'offre de logements étudiants. En tirant des leçons de modèles réussis tant au Canada qu'à l'étranger, nous pouvons transformer ce défi en une occasion de renforcer notre système d'éducation.

Solutions du monde réel

De nombreuses administrations ont réussi à remédier à la pénurie de logements étudiants grâce à des interventions stratégiques ciblées et à des partenariats novateurs.

Projet de loi 185 de l'Ontario fait preuve d'un potentiel prometteur en exemptant les universités financées par l'État de l'application de la Loi sur l'aménagement du territoire et des dispositions relatives au contrôle des plans d'implantation en vertu de la Loi sur la cité de Toronto, ce qui permet d'accélérer l'approbation et la construction de projets de logements étudiants sur des terrains appartenant à des universités12. Combinée aux exemptions pour les droits d'aménagement et autres droits municipaux prévues par le projet de loi 134, cette initiative provinciale simplifie les processus réglementaires et encourage l'élaboration de nouveaux PBAS offrant un modèle qui pourrait inspirer des efforts similaires partout au Canada.13.

Le Royaume-Uni a transformé son paysage du logement étudiant au moyen d'une stratégie nationale qui a porté leur taux d'offre à 27 % en encourageant l'investissement privé dans des logements construits sur mesure tout en maintenant des normes de qualité14. Leur système de planification axé sur le rendement a simplifié les approbations de projets répondant à des critères précis, ce qui a mené à la construction de plus de 300 000 nouveaux lits d'étudiants entre 2010 et 202015.

Irlandela Stratégie nationale de logement pour les étudiants a combiné des réformes réglementaires avec des investissements directs, établissant un volet de financement dédié et des processus de planification accélérés pour les logements étudiants16.

Ce qu'il faut faire

Le Canada doit lancer une stratégie nationale audacieuse en matière de logement étudiant qui réponde à la fois aux besoins immédiats et au renforcement des capacités à long terme. Cette stratégie exigera une coordination entre tous les ordres de gouvernement, les établissements d'enseignement et les promoteurs privés, avec un leadership fédéral clair.

  • Adopter et élargir le projet de loi 185 de l'Ontario à l'échelle nationale au moyen d'ententes fédérales-provinciales. Le gouvernement fédéral devrait collaborer avec les provinces pour mettre en œuvre la libéralisation des règles de planification de l'ASBSA et créer de nouvelles exemptions de taxes foncières et de frais de développement pour les projets de logements étudiants situés sur les campus postsecondaires ou à proximité de ceux-ci. Ce programme pourrait être structuré comme un programme de contrepartie, dans le cadre duquel le gouvernement fédéral compense une partie des pertes de revenus provinciales au cours de la mise en œuvre. Le succès serait mesuré en faisant le suivi des nouveaux projets lancés en vertu de ces exemptions et des lits créés par dollar de revenus perdus.
  • Réformer les politiques de prêt de la SCHL propres au logement étudiant. Les restrictions actuelles de la SCHL sur les immeubles comptant plus de sept logements et les exigences de ratio de couverture du service de la dette de 1,3 entravent de manière disproportionnée la construction de logements étudiants. Celles-ci devraient être ajustées à un ratio de 1,2 pour les projets de logements étudiants admissibles, et les restrictions sur les configurations à lits multiples devraient être éliminées.
  • Mandat que les établissements d'enseignement postsecondaire délivrant des visas d'étudiant international élaborent des plans complets de logement. Les établissements d'enseignement postsecondaire devraient être en mesure de démontrer comment ils s'adapteront à la croissance des inscriptions d'étudiants internationaux ayant un développement de logements correspondant sur le campus et à l'extérieur du campus. Ces plans devraient devenir une condition pour la délivrance de visas d'étudiant.
  • Créer une stratégie nationale de données sur le logement des étudiants pour favoriser la responsabilisation. Le Canada ne dispose pas de données complètes sur les besoins et l'offre de logements étudiants. Une base de données nationale faisant le suivi des projets de logements étudiants, des taux d'inoccupation et des mesures d'abordabilité permettrait des interventions ciblées et une mesure des progrès. Les universités et les collèges seraient tenus de rendre compte annuellement de leur taux de logement étudiant et de leurs plans de développement futurs.

Le succès sera mesuré principalement par le nombre de nouveaux lits d'étudiants créés, et les cibles annuelles se rapprocheront de l'objectif de 300 000. D'autres mesures comprendront le taux national de provision et la satisfaction des étudiants à l'égard des options de logement. Un tableau de bord public fera le suivi de ces mesures au moyen de mises à jour trimestrielles.

Questions courantes

  • Pourquoi se concentrer sur les étudiants alors que de nombreux Canadiens ont de la difficulté à trouver un logement ? Le logement étudiant présente des caractéristiques uniques qui en font un secteur idéal pour une intervention ciblée. Les logements étudiants construits à cet effet libèrent des milliers de logements sur le marché général qui sont actuellement occupés par des étudiants, ce qui profite à tout le monde. Chaque lit d'étudiant créé peut libérer une chambre dans une maison familiale ou un appartement pouvant desservir d'autres populations.

  • Les établissements postsecondaires utiliseront-ils cette mesure pour augmenter les frais de scolarité ou les inscriptions sans améliorer le bien-être des étudiants ? Le programme comprend de solides mesures de responsabilisation, y compris l'obligation pour les universités et les collèges de démontrer comment les nouveaux logements profiteront aux étudiants grâce à des garanties d'abordabilité.

  • Comment cela affectera-t-il les quartiers à proximité des écoles ? Les logements étudiants construits sur mesure améliorent la stabilité du quartier en réduisant la pression exercée sur les maisons unifamiliales et en réduisant les problèmes comme les plaintes relatives au bruit et les problèmes d'entretien des propriétés. Le programme comprend des exigences de consultation communautaire et des normes de conception pour s'assurer que les nouveaux développements améliorent les quartiers environnants plutôt que de les perturber.
  • Pourquoi ne pas laisser le marché privé résoudre ce problème sans changement ? Le marché a constamment sous-livré des logements étudiants en raison des obstacles réglementaires et des défis financiers propres à ce secteur. Notre approche réduit ces obstacles tout en maintenant les normes de qualité. L'expérience de pays comparables montre qu'une approche coordonnée entre les secteurs public et privé est nécessaire pour atteindre un volume suffisant de logements à des prix abordables.
  • Pourquoi se concentrer uniquement sur les étudiants internationaux et non sur les étudiants nationaux ? En construisant plus de logements étudiants, nous profiterons à tous les membres de la communauté. Le gouvernement fédéral, en tant qu'autorité responsable de la délivrance des visas aux étudiants internationaux, a un intérêt légitime à ce que les écoles démontrent des plans de logement adéquats pour les étudiants qu'ils admettent de l'étranger. Cette surveillance fédérale s'étend naturellement à la capacité de logement dans le cadre d'une politique d'immigration responsable et aura des répercussions sur l'amélioration de l'abordabilité pour tous les étudiants.

  • Les changements apportés aux politiques d'immigration ne seront-ils pas moins nombreux ? Bien que les politiques d'immigration puissent fluctuer, l'enseignement supérieur du Canada demeure attrayant à l'échelle mondiale. Fournir suffisamment de logements nous permet de demeurer concurrentiels et de garder nos écoles des destinations souhaitables, peu importe les changements de politique.

Conclusion

La crise du logement étudiant menace l'un des plus grands atouts du Canada : notre système d'éducation de calibre mondial. En mettant en œuvre cette stratégie nationale sur le logement étudiant, nous pouvons ajouter 300 000 nouveaux lits d'étudiants d'ici cinq ans, ce qui améliorera les résultats scolaires, stimulera la croissance économique et allégera la pression sur les marchés du logement à l'échelle nationale. Cette approche audacieuse transformera les conditions de vie des étudiants, rehaussera la réputation du Canada en tant que destination éducative et démontrera notre capacité à relever des défis complexes grâce à une action coordonnée. Nous devons agir maintenant pour continuer à offrir une main-d'œuvre instruite et à héberger l'avenir du Canada.

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