Réinventer l'avenir créatif du Canada

L'IA transforme les industries créatives. Redonnons de l'élan à nos secteurs du cinéma, de la télévision, de la publicité, des jeux et de la musique de calibre mondial et transformons cette perturbation en un avantage concurrentiel.
Ce plan permet aux Canadiens d'acquérir des compétences en IA, de moderniser les règles d'innovation, d'investir stratégiquement dans les outils canadiens de création de contenu en IA et de créer des emplois de grande valeur pour la croissance économique.
En tirant parti de son talent et de ses atouts culturels uniques, le Canada deviendra un chef de file mondial en matière de création de contenu d'IA responsable et en partenariat humain, stimulant les exportations et renforçant notre voix culturelle.

Objectifs

Cette initiative transforme les secteurs créatifs du Canada pour l'ère de l'IA. En modernisant la réglementation pour la clarté et l'innovation, en réorientant stratégiquement les investissements vers le développement des talents et les outils canadiens d'IA, et en défendant la collaboration homme-IA, le Canada assurera un leadership mondial dans l'économie créative de l'avenir.

  • Créer 50 000 nouveaux emplois qualifiés dans des rôles créatifs améliorés par l'IA et la technologie connexe d'ici cinq ans.
  • Doubler la valeur à l'exportation des services canadiens de technologie créative et du contenu axé sur l'IA d'ici cinq ans.

Contexte et motivation

Le secteur canadien de la création est de classe mondiale. La réalisation de films, des émissions de télévision, des animations dynamiques, des studios de jeux vidéo, une scène musicale mondialement reconnue et des agences de publicité novatrices ont mené à notre titre de « Hollywood North ». Ces industries contribuent de façon importante à notre économie : elles génèrent plus de 55 milliards de dollars (environ 2,5 %) du PIB canadien et emploient plus de 500 000 personnes dans tous les secteurs de la création. Les Canadiens excellent dans les domaines de la narration, de l'art technique et de la pensée créative stratégique, attirant des investissements et des clients mondiaux. Des écoles comme le Sheridan College et la Vancouver Film School sont mondialement reconnues pour le talent de l'animation qu'elles produisent.

Mais l'excellence continue dans ces domaines n'est pas assurée. L'intelligence artificielle va transformer irrévocablement la façon dont le cinéma, la télévision, la publicité et la musique sont produits. L'IA peut déjà écrire des scripts, composer de la musique, concevoir des niveaux de jeu et créer des vidéos. Ce qui prenait autrefois des mois peut maintenant être fait en quelques secondes. Et la technologie ne fait que s'améliorer.

Cette transformation présente à la fois d'immenses possibilités et des risques importants. Si nous ne faisons rien, nous risquons de perdre complètement ces industries — des dizaines de milliers d'emplois canadiens subissent des perturbations à mesure que les tâches s'automatisent ou que les flux de travail changent. Les artistes VFX de Vancouver, les créateurs publicitaires de Toronto et les développeurs de jeux vidéo de Montréal voient tous que l'IA a un impact sur leurs domaines, réduisant déjà la demande pour un large éventail de compétences de l'industrie créative.

Nos systèmes de soutien actuels, qui représentent des centaines de millions de dollars de financement annuel fédéral et provincial par l'entremise d'organismes comme Téléfilm et le Fonds des médias du Canada, ainsi que d'importants crédits d'impôt, n'ont pas été conçus pour répondre à cette réalité axée sur l'IA. Les lois sur le droit d'auteur manquent de clarté sur les données de formation et la propriété de l'IA. Les critères de financement et les incitatifs fiscaux qui récompensent les modèles de travail traditionnels sont incertains. Si nous continuons de nous appuyer sur ces cadres, nos créateurs et nos entreprises rattraperont leur retard tandis que les concurrents mondiaux vont de l'avant avec leurs propres stratégies d'IA.

Pourtant, dans le même temps, l'IA est aussi un outil de croissance sans précédent. Exploité efficacement, il stimule la productivité, responsabilise les créateurs indépendants, permet des expériences de contenu personnalisées et améliore la créativité. Il représente une occasion unique d'améliorer la qualité et d'accélérer la portée des histoires et des campagnes canadiennes. Le Canada possède des avantages essentiels : des centres de recherche en IA de calibre mondial, un vaste bassin de talents créatifs adaptables, de vastes archives de contenu canadien unique (comme celles de l'Office national du film du Canada) et des ressources énergétiques propres qui peuvent alimenter l'infrastructure informatique nécessaire.

Nous devons façonner de manière proactive l'avenir créatif du Canada. Le Canada doit moderniser ses lois afin d'apporter des précisions qui favorisent l'innovation et attirent les investissements. Le Canada doit réorienter stratégiquement les investissements publics existants afin de doter sa main-d'œuvre de compétences de pointe en IA et de soutenir le développement d'outils créatifs et d'ensembles de données uniques en matière d'IA au Canada. Cette approche fera en sorte que l'IA soit un partenaire puissant pour nos créateurs qui peuvent amplifier leurs capacités, stimuler la compétitivité mondiale et créer de nouveaux emplois canadiens de grande valeur.

Que nous fassions cela ou non, la transformation de l'IA n'attendra pas. En prenant des mesures décisives dès maintenant, le Canada naviguera dans ce changement à partir d'une position de force, assurant la prospérité, l'innovation et notre voix culturelle distincte sur la scène mondiale pour l'ère à venir.

Solutions du monde réel

Les industries créatives du Canada ont déjà réussi à surmonter de profonds changements technologiques, faisant preuve d'une résilience et d'une adaptabilité remarquables. Ces expériences, ainsi que des exemples régionaux et internationaux précis, guident notre approche proactive :

  • Adaptation de l'industrie à l'édition numérique et à la CGI (1990-2000) : La transition du montage cinématographique analogique aux systèmes numériques et l'essor de l'imagerie générée par ordinateur (CGI) ont d'abord suscité des craintes de pertes d'emplois. Cependant, l'industrie s'est adaptée de façon proactive. Les rédacteurs maîtrisaient les nouveaux logiciels, améliorant ainsi le contrôle créatif. Bien que certains rôles aient changé, une croissance massive s'est produite dans de nouveaux domaines comme les effets visuels numériques et l'animation 3D. Le Canada, en particulier Vancouver et Montréal, a accepté ces changements, investi dans la formation et est devenu des carrefours mondiaux pour ces compétences, créant des dizaines de milliers d'emplois de grande valeur et attirant des milliards de dollars dans la production. La leçon : les changements technologiques transforment les rôles plutôt que de simplement les éliminer. L'investissement proactif dans la requalification et l'adoption de nouveaux flux de travail permettent à l'industrie non seulement de survivre, mais aussi d'accroître ses capacités et sa part de marché mondial. Nos employés peuvent maîtriser l'IA tout comme ils maîtrisent les outils numériques.

  • Soutien stratégique du Québec pour les jeux et les VFX : Depuis des décennies, le Québec met en œuvre des politiques proactives, notamment des crédits d'impôt ciblés et du soutien par l'entremise d'agences comme la SODEC et Investissement Québec, conçues pour attirer et faire croître des secteurs créatifs à forte intensité technologique comme les jeux vidéo et les effets visuels. Cette stratégie soutenue et tournée vers l'avenir a fait de Montréal un carrefour mondial de premier plan, abritant de grands studios internationaux (comme Ubisoft, Framestore) et des milliers d'emplois spécialisés, contribuant ainsi à des milliards de dollars à l'économie. La leçon : Une stratégie gouvernementale cohérente et proactive axée sur le renforcement des capacités dans les domaines créatifs de haute technologie, combinée à des incitatifs attrayants, peut créer des grappes industrielles concurrentielles à l'échelle mondiale et des avantages économiques importants.

  • Stratégie intégrée en matière d'IA et de culture de la Corée du Sud : La Corée du Sud considère son secteur créatif comme un pilier clé de sa stratégie nationale d'innovation. En liant la politique culturelle (« Culture Korea 2035 ») aux objectifs de développement de l'IA, en fournissant un financement important pour la R-D en IA dans la création de contenu (comme la production virtuelle) et en maintenant des règles de propriété intellectuelle claires (pas de paternité de l'IA), ils favorisent le leadership du secteur privé et stimulent les exportations mondiales (la « vague K »). Leur stratégie ciblée a contribué à une croissance substantielle des exportations de produits créatifs. La leçon : Une vision nationale coordonnée harmonisant la politique technologique et culturelle, appuyée par des investissements stratégiques et des règles claires, accélère l'innovation et la compétitivité mondiale dans l'économie créative.

Ce qu'il faut faire

Moderniser les cadres existants et rediriger stratégiquement les ressources pour responsabiliser les créateurs et les entreprises canadiens à l'ère de l'IA, en donnant la priorité à la simplification et à l'efficacité plutôt qu'aux nouvelles couches de bureaucratie.

  • Moderniser la Loi sur le droit d'auteur (dans les 12 mois) Modifier la Loi pour clarifier la situation. Confirmer que le droit d'auteur exige une importante paternité humaine. Établir des règles claires et équilibrées pour l'utilisation de documents protégés par le droit d'auteur dans la formation en IA, en mettant l'accent sur la transparence et en permettant des mécanismes de rémunération équitables (éventuellement par le biais de la gestion collective) qui soutiennent les créateurs sans entraver indûment l'innovation. Mettre à jour les dispositions relatives à la responsabilité pour les infractions générées par l'IA. Changements législatifs initiés par les ministres de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie (ISDE) et du Patrimoine canadien (PCH).

  • Élaborer et exploiter des ensembles de données créatives canadiens (en cours, à compter d'ici 12 mois) Au lieu d'essayer de créer un modèle national unique d'IA, nous devrions tirer parti de nos avantages uniques et nous concentrer sur la conservation d'ensembles de données diversifiés et de haute qualité tirés des riches archives du Canada (ONF, CBC/Radio-Canada, Bibliothèque et Archives Canada, etc.). Établir des cadres pour la délivrance de licences de ces données de manière éthique et abordable afin de former et d'affiner des modèles spécialisés d'IA (canadiens et internationaux) qui reflètent la culture, les langues et les valeurs canadiennes. Appuyer le développement d'outils canadiens d'IA optimisés pour ces ensembles de données. Nécessite une collaboration entre PCH, ISDE, les institutions culturelles et le secteur de l'IA.

  • Recentrer le financement et les crédits d'impôt (rajustements du programme à compter de 12 mois) : Mettre à jour les mandats et les critères de Téléfilm, de FMC et de l'ONF. Examiner le CPTC et consulter les provinces au sujet de leurs crédits. Mettre davantage l'accent sur le fait de récompenser le volume ou les intrants traditionnels de main-d'œuvre vers des projets incitatifs démontrant une collaboration innovatrice entre les humains et l'IA, le développement d'outils créatifs canadiens en IA et la compétitivité mondiale. Prioriser les projets de financement où les Canadiens prennent des décisions créatives et stratégiques, en tirant parti de l'IA comme outil. Réorienter une partie des fonds existants provenant de programmes moins percutants vers ces priorités en matière de préparation à l'IA. Comprend des décrets, des directives du Conseil du Trésor et des ajustements législatifs et réglementaires éventuels dirigés par PCH, Finances et ISDE.

  • Lancer une initiative nationale sur les compétences créatives en IA (dans un délai de 12 mois) : Élargir et recentrer considérablement les programmes existants en matière de main-d'œuvre (p. ex. le Programme de solutions sectorielles pour la main-d'œuvre) avec des volets dédiés et à grande échelle destinés aux professionnels de la création. Établir des partenariats avec les provinces, l'industrie, les syndicats et les éducateurs pour offrir une formation rapide et accessible sur la littératie en IA, l'utilisation avancée des outils d'IA, l'ingénierie rapide, les compétences en données pour les contextes créatifs et la stratégie créative centrée sur l'humain dans un environnement d'IA. Nécessite une redirection et une amélioration du financement par l'entremise d'Emploi et Développement social Canada (EDSC), coordonnée avec PCH et ISDE.

  • Favoriser un réseau de centres créatifs en IA (en cours, cadre d'ici 12 mois) Soutenir la croissance de centres de collaboration partout au Canada (à commencer par Vancouver, Montréal et Toronto), en reliant des entreprises créatives, des entreprises technologiques en IA et des chercheurs. Rediriger le financement des grappes d'innovation et des stratégies numériques existantes (par l'intermédiaire d'ISDE, ADR) pour cofinancer des projets conjoints de R-D axés sur les applications créatives de l'IA au sein de ce réseau. Réorientation stratégique et orientation au sein des programmes existants de l'ISDE et de l'Agence de développement régional.

  • Assurer un accès informatique abordable (en cours, examiner les mécanismes d'accès dans les six mois) : Garantir que le Fonds fédéral d'accès aux ordinateurs en IA, doté de 2 milliards de dollars, soit véritablement accessible et abordable pour les PME, les entreprises en démarrage, les chercheurs et les créateurs indépendants du secteur créatif, éventuellement au moyen d'allocations dédiées ou de programmes d'accès subventionnés. Action coordonnée de PCH et d'ISDE.

Questions courantes

  • On dirait qu'on adopte l'automatisation qui coûtera des emplois. Comment cela protège-t-il les travailleurs ?
    • Ignorer l'IA coûte des emplois. Ce plan protège les travailleurs en investissant massivement dans le perfectionnement des compétences pour la prochaine génération de rôles créatifs — des emplois exigeant de nouvelles compétences en matière de collaboration homme-IA, de stratégie et d'utilisation d'outils avancés. Nous préparons les Canadiens à diriger, et non à être laissés pour compte.
  • Est-ce abordable, surtout en réorientant les fonds des programmes existants ?
    • Le Canada investit déjà de façon substantielle dans les industries créatives. Ce plan rend cet investissement plus intelligent en transférant les ressources du soutien des flux de travail d'hier au renforcement des capacités pour le marché mondial de demain. Il s'agit de donner la priorité à la prospérité future dans les enveloppes existantes dans la mesure du possible, complétée par de nouveaux investissements stratégiques comme l'accès au calcul.
  • La modification des règles de droit d'auteur pour la formation en IA ne nuira-t-elle pas à nos développeurs d'IA ?
    • Nous avons besoin de règles claires, et non pas de règles libres pour tous. Cette approche vise l'équilibre — le fait de veiller à ce que les créateurs soient équitablement rémunérés pour l'utilisation de leur travail crée un écosystème de données durable. Cette clarté, combinée à l'accès à des ensembles de données canadiens uniques, renforce en fait notre secteur de l'IA en favorisant l'innovation responsable et en évitant de longues batailles juridiques observées ailleurs.
  • Le gouvernement peut-il, de façon réaliste, suivre le rythme du développement rapide de l'IA ?
    • Aucune entité ne peut prédire parfaitement le cheminement de l'IA. C'est pourquoi cette stratégie met l'accent sur le renforcement de l'adaptabilité — au sein de notre personnel, de nos entreprises et de nos politiques. Nous établissons des principes fondamentaux (créativité humaine, concurrence loyale) et créons des mécanismes souples (financement des compétences, pôles de R-D) qui peuvent évoluer rapidement, éclairés par une surveillance continue et des pratiques exemplaires internationales.
  • En quoi le fait de se concentrer sur les ensembles de données canadiens nous aide-t-il à être compétitifs à l'échelle mondiale si les principaux modèles d'IA sont internationaux ?
    • Les principaux modèles mondiaux manquent souvent de compréhension approfondie des nuances culturelles spécifiques. En conservant et en donnant accès à des données canadiennes de haute qualité (bilingues, multiculturelles, historiques), nous permettons d'affiner des modèles mondiaux ou de créer des modèles ou des outils canadiens spécialisés qui offrent une valeur unique (p. ex. mieux comprendre les accents canadiens, l'histoire ou l'humour). Cela crée des avantages dans les créneaux et appuie le développement d'une expertise et d'applications canadiennes exportables en IA.

Conclusion

L'intelligence artificielle est en train de remodeler le paysage créatif mondial. Le Canada est confronté à un choix clair : réagir passivement aux actions des leaders mondiaux et prendre du retard, ou agir de manière décisive pour tirer parti de cette transformation afin de sécuriser et de faire croître nos industries créatives. Cette note décrit un plan proactif visant à moderniser nos règles, à investir dans nos employés talentueux et à positionner stratégiquement le Canada en tant que chef de file mondial de la création de contenu axé sur l'humain et alimentée par l'IA. En apportant ces changements, nous protégerons les emplois existants tout en en en créant des milliers de nouveaux, favoriserons une croissance économique importante grâce à l'innovation et aux exportations, et veillerons à ce que la voix culturelle unique du Canada continue de résonner à l'échelle mondiale à l'ère de l'IA.

Indicative Legal Changes

Stay Connected
Subscribe
Build a Better Canada
Get Involved
S'abonner