Le Canada doit transformer les profits temporaires liés aux ressources en richesses durables.
Le Canada est l'un des pays les plus riches au monde en ressources naturelles, générant environ 20 milliards de dollars par année en recettes provinciales liées aux ressources naturelles. Cependant, les ressources naturelles sont limitées — vous ne pouvez pas continuer à les extraire indéfiniment.
D'autres pays riches en ressources naturelles se sont montrés proactifs en épargnant une partie des fonds générés par les ressources naturelles dans des fonds souverains. Il s'agit de vastes réserves d'argent appartenant à un pays, investies dans des actions, des obligations ou d'autres actifs, dans le but d'épargner et de faire croître la richesse pour l'avenir.
Le Fonds souverain norvégien a dépassé les 2,5 billions de dollars canadiens en 2024. Le Canada a les caractéristiques de quelque chose de semblable, mais il n'a pas d'approche nationale unifiée. Notre système fragmenté actuel, dicté en grande partie par la propriété et la compétence provinciales sur les ressources (Loi constitutionnelle de 1867, art. 109 et 92A), laisse un minimum d'actifs nationaux durables provenant de ces revenus. Les fonds provinciaux, comme l'Alberta Heritage Fund, sont modestes par rapport à la richesse générée au fil des décennies.
Cette fragmentation expose tous les Canadiens à la volatilité des marchés mondiaux des produits de base, ce qui entraîne des cycles d'expansion et de récession qui ont une incidence sur la confiance des familles, des entreprises et des investisseurs.
De plus, l'accélération de l'abandon des combustibles fossiles à l'échelle mondiale et la montée imminente des minéraux critiques soulignent l'urgence d'établir une stratégie qui saisit la valeur des recettes pétrolières et gazières tout en capturant la valeur générée par d'autres ressources non renouvelables. Sans une stratégie nationale coordonnée de gestion du patrimoine, les Canadiens risquent de rater l'occasion de convertir des ressources limitées en avantages économiques durables d'une génération à l'autre.
Établir un Fonds souverain canadien (FCSF) au moyen d'un cadre coopératif volontaire est la solution. Il respecte les compétences provinciales tout en offrant l'échelle, la diversification et les avantages de stabilité du placement collectif, en veillant à ce que tous les partenaires et toutes les générations partagent notre abondance naturelle.
En commençant dès maintenant et en s'engageant à épargner de manière disciplinée, le Canada peut constituer un fonds qui rivalisera avec le succès de la Norvège tout en veillant à ce que tous les Canadiens profitent de notre abondance naturelle.
Pour assurer l'avenir économique à long terme du Canada, le Canada doit établir un Fonds souverain canadien (FCSF) dans le cadre d'un cadre coopératif fédéral-provincial-autochtone.
Le Fonds doit respecter les droits constitutionnels en matière de ressources tout en assurant une prospérité nationale partagée. Il s'appuiera sur la participation volontaire, des mécanismes de financement diversifiés et équitables et une gouvernance irrévertueuse pour assurer la transparence, l'indépendance et des avantages durables.
1. Favoriser le partenariat au moyen d'avantages partagés : Le Fonds doit être fondé sur des ententes intergouvernementales fondées sur la participation volontaire. La société de personnes :
2. Édicter la Loi sur le Fonds souverain canadien. Élaborer des lois fédérales qui définissent le mandat, la gouvernance, les protections et les règles de fonctionnement du Fonds :
3. Mettre en œuvre diverses sources de financement
4. Valeur de rendement aux citoyens par l'entremise du dividende du Canada :
À compter de la 6e année, affecter 20 % du bénéfice net moyen sur cinq ans du Fonds (provenant des bénéfices non répartis) à un dividende annuel direct pour chaque citoyen canadien.
De plus, les contributions provinciales influeront sur la part de la rémunération nationale attribuée aux résidents, en veillant à ce que le dividende du Canada reflète le niveau d'engagement et de participation de chaque administration envers le Fonds. Cette structure crée un incitatif équitable : plus une province contribue, plus ses citoyens en profitent.
5. Réduire la dette publique pour les générations futures. Également à compter de la 6e année, allouer jusqu'à 20 % du bénéfice net moyen au remboursement de la dette fédérale et provinciale, allégeant ainsi le fardeau financier des futurs contribuables.
6. Tirer parti des capacités d'investissement de calibre mondial du Canada —
Pour gérer les 25 % du FCSF alloués aux investissements actifs, le Canada tirera parti de son expertise institutionnelle de calibre mondial, comme celle de l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada (l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada). Au cours des cinq premières années, le CPPIB gérera cette partie du Fonds, axée exclusivement sur les investissements dans les infrastructures et l'immobilier dans les pays du G7.
Un modèle de services partagés avec une équipe de gestion dédiée évitera les chevauchements bureaucratiques, maintiendra les coûts bas et aidera le Fonds à atteindre rapidement sa maturité opérationnelle. Entre-temps, 75 % du Fonds seront investis passivement dans des fonds indiciels mondiaux — 50 % dans des actions mondiales et 25 % dans des obligations mondiales — offrant une large exposition au marché à un coût minime.
Afin de faire respecter la discipline et de protéger l'intégrité du Fonds, des limites opérationnelles strictes s'appliqueront. L'équipe de gestion sera plafonnée à 10 employés à temps plein avec un budget annuel de 20 millions de dollars, indexé à l'inflation. Le Fonds n'aura pas accès à la dette, et tout manquement au budget approuvé entraînera la dissolution automatique du conseil d'administration.
Les frais de gestion active seront plafonnés à 0,50 % (50 points de base) des actifs sous gestion. À compter de la sixième année, l'ACPPB doit se faire concurrence pour obtenir le droit de continuer à gérer la partie active du Fonds — en veillant à ce que le rendement, et non les droits, régit qui gère le patrimoine des Canadiens.
7. Assurer une surveillance rigoureuse et une transparence rigoureuses. Prévoir des mesures de protection durables pour prévenir le brouillage à court terme :
Ce prélèvement temporaire supplémentaire de 1 % ne pèsera-t-il pas sur les familles canadiennes ?
Soyons clairs : personne ne se réjouit d'une nouvelle taxe, et si nous avions géré correctement notre richesse en ressources il y a des décennies (comme la Norvège), nous n'aurions pas besoin de cette mesure aujourd'hui.
Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons investir judicieusement dès maintenant pour assurer notre avenir. Ce prélèvement de 1 % est strictement temporaire et prend fin automatiquement après cinq ans et est clairement indiqué sur chaque reçu comme une contribution au Fonds pour l'avenir du Canada.
Chaque dollar est investi, et non dépensé, et retourné directement aux Canadiens sous forme de dividendes annuels à compter de la sixième année. Pour une famille typique contribuant 400$ par année pendant cinq ans, il s'agit d'un investissement de 2 000$ qui pourrait générer des milliers de dollars en dividendes sur une vie, tout comme le Fonds permanent de l'Alaska. Il s'agit d'un investissement national modeste et limité dans le temps qui transforme une occasion manquée historique en sécurité économique permanente, en baisse des impôts futurs et en équité intergénérationnelle — pour tous les Canadiens.
Pourquoi l'Alberta ou d'autres provinces contribueraient-elles ?
Parce qu'elle multiplie leur impact. Les provinces qui contribuent débloquent des fonds fédéraux de contrepartie et assurent une plus grande part du rendement des placements à long terme pour leurs citoyens. L'Alberta, par exemple, aurait un effet de levier sur chaque dollar qu'elle verse, transformant ainsi les revenus tirés des ressources temporaires en dividendes permanents et en influence nationale.
Cela pourrait-il décourager les investissements étrangers au Canada ?
Bien au contraire. Un fonds souverain stable renforce la confiance mondiale dans l'avenir économique du Canada, attirant des investissements à long terme et des partenariats dans tous les secteurs.
En investissant à l'étranger et en détenant des parts dans des actifs générateurs de revenus mondiaux, le Canada renforce sa position à la fois en tant que destination d'investissement fiable et en tant qu'investisseur mondial redoutable. Cela crée un cercle vertueux : à mesure que le Fonds croît, notre crédibilité économique augmente également, attirant davantage de capitaux, forgeant des partenariats plus solides et renforçant l'effet de levier mondial du Canada sur les plans économique et diplomatique.
Comment préviendra-t-on de l'abus politique ?
La CSWF sera protégée par une législation rigoureuse qui la maintiendra indépendante, transparente et axée sur l'avenir à long terme du Canada. Le Fonds sera supervisé par un conseil indépendant composé de dirigeants de confiance des gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux et autochtones. Ces membres seront choisis en fonction du mérite et leur mandat sera échelonné de manière à ce qu'aucun gouvernement ne puisse contrôler le conseil d'administration. La loi interdira clairement à tout gouvernement de puiser dans le capital principal du Fonds et n'autorisera que des retraits limités et à l'épreuve de l'inflation. Afin d'éviter toute ingérence politique, pas plus de 10 % du Fonds peut être investi dans des projets canadiens, et seulement s'ils répondent à des critères stricts. Si une province ou un territoire accepte des investissements et n'offre pas au moins un rendement sans risque après cinq ans, il doit rembourser la différence chaque année. Au cours des cinq premières années, le Fonds utilisera l'expertise éprouvée de l'ACPFB en matière de placements, mais par la suite, le RFIB devra faire concurrence pour continuer à gérer l'argent, ce qui assurera un rendement élevé. En plus de tout cela, le Fonds fera l'objet d'une vérification régulière, fera rapport au Parlement et présentera ses résultats publiquement au moyen de tableaux de bord faciles à lire. Ces couches de protection créent un pare-feu contre l'utilisation abusive à des fins politiques et assurent la sécurité du Fonds pour les générations futures.
Le Dividende Canada est-il financièrement réalisable ?
Oui. En liant les versements annuels de dividendes à 20 % du rendement moyen pluriannuel du Fonds, le Fonds protège son capital et se prémunit contre la volatilité des marchés. Ce modèle, inspiré du Fonds permanent de l'Alaska, permet aux citoyens d'en bénéficier directement sans compromettre la croissance du capital à long terme. À titre de perspective, avec l'objectif du Fonds de 500 milliards de dollars d'ici la huitième année et un rendement annuel moyen prudent de 5 %, cela pourrait générer des dividendes annuels d'environ 5 milliards de dollars aux Canadiens (environ 125 à 150$ par citoyen au départ, augmentant au fil du temps). Au fil du temps, le cadre prévisible et transparent maintient la confiance du public et préserve l'objectif intergénérationnel du Fonds.
Ne devrions-nous pas prioriser les besoins actuels ?
C'est une question juste, surtout lorsque de nombreux Canadiens ont du mal à s'en sortir. Mais la CSWF est conçue pour soutenir aujourd'hui et demain.
À compter de la sixième année, chaque Canadien recevra un dividende du Canada, un paiement direct aux ménages qui procure un véritable allégement financier, année après année. Il ne s'agit pas seulement d'épargner pour l'avenir, il s'agit de construire quelque chose aujourd'hui qui offre un soutien durable aux familles.
Plutôt que de dépenser des milliards de dollars dans des programmes ponctuels qui disparaissent — ou d'envoyer de l'argent à des initiatives étrangères qui ne rapportent aucun rendement — le Canada peut investir ces dollars et générer un revenu stable : 500 millions de dollars par année, pour toujours, grâce à un investissement de 10 milliards de dollars. Cet argent peut réduire les impôts futurs, donner aux collectivités plus de contrôle et enfin briser le cycle d'expansion et de récession qui nous a retenus pendant des générations. Il s'agit d'être intelligent avec ce que nous avons maintenant, afin que nos enfants et petits-enfants n'aient pas à choisir entre des services interrompus ou des impôts plus élevés plus tard. C'est un engagement modeste et partagé aujourd'hui qui permet d'assurer une véritable sécurité à tous les Canadiens et Canadiennes, et ce, pour toujours.
N'est-ce pas juste une autre version du Programme énergétique national ?
Non, la participation des provinces au fonds sera volontaire, la compétence provinciale sur les ressources naturelles ne changera pas et aucun contrôle des prix ne serait impliqué. Le seul nouveau mécanisme serait un impôt exceptionnel sur les sociétés de ressources naturelles pendant les périodes de profits extraordinaires.
Comment la CSWF sera-t-elle gérée ?
Le Fonds sera géré avec un seul objectif clair : accroître la richesse des Canadiens à long terme tout en maintenant les coûts bas et la discipline élevée. Pour ce faire, le CSWF adoptera une stratégie passive basée sur l'indice, avec 75 % des actifs investis passivement, répartis entre 50 % en actions mondiales et 25 % en obligations mondiales. Les 25 % restants seront gérés activement par l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada (ARPC) pendant les cinq premières années, et se concentrera exclusivement sur les investissements dans les infrastructures et l'immobilier dans les pays du G7. Cette structure équilibrée favorise une croissance stable et diversifiée tout en offrant une exposition aux actifs réels qui peuvent aider à protéger contre l'inflation et à générer de la valeur à long terme. Après la cinquième année, le CPPIB sera tenu de concourir pour obtenir le droit de continuer à gérer la partie active, en veillant à ce que le rendement, et non la politique ou les droits, détermine qui gère le patrimoine des Canadiens.
C'est maintenant qu'il faut agir. Chaque jour où nous attendons est un autre jour de perte de richesse en ressources, une richesse qui aurait pu être investie pour assurer notre avenir.
Un fonds souverain canadien est plus qu'une simple politique économique. C'est une promesse les uns envers les autres et envers les générations qui suivront. La preuve est claire : le fonds norvégien a atteint plus de 2,5 billions de dollars, contribuant ainsi à stabiliser son économie à long terme. En Alaska, les dividendes annuels bénéficient d'un solide soutien bipartite parce qu'ils mettent de l'argent réel dans les poches des gens.
Chaque Canadien, peu importe où il vit, ce qu'il croit ou d'où il vient, peut en bénéficier. Une contribution temporaire de 1 % sur les articles non alimentaires, assortie d'une limite ferme de cinq ans, contribuera à créer une source de revenu permanente pour les Canadiens. C'est comme épargner pour la retraite ou les études d'un enfant : un petit engagement intelligent aujourd'hui qui crée une liberté durable et une sécurité financière demain.
Le Fonds sera protégé par des lois rigoureuses, une surveillance indépendante, une protection contre l'inflation et une transparence totale. Chaque dollar versé sera protégé contre toute mauvaise utilisation politique et sera axé uniquement sur les résultats à long terme. Ce fonds appartient aux Canadiens, et non aux politiciens, et il fonctionnera pour les Canadiens, pour toujours.
C'est l'occasion pour nous de transformer la richesse naturelle du Canada en un moteur économique permanent. Tout comme les générations passées ont construit les routes, les ponts et les institutions dont nous dépendons aujourd'hui, nous avons maintenant la possibilité — et la responsabilité — de jeter les bases financières d'un avenir plus fort et plus sûr pour tous.
Le moment est venu d'agir, non seulement pour nous-mêmes, mais pour chaque Canadien qui viendra ensuite.
For any questions or media requests please email [email protected]
You can find all of our memos at buildcanada.com/memos