Exploitation du Potentiel Minier du Canada

Proposed by

Chris Doornbos

CEO of E3 Lithium
Le Canada est la capitale minière incontestée du monde. Mais ce leadership diminue au moment exact où le monde a le plus besoin des minéraux canadiens.
Au cours des 10 dernières années, les retards dans la délivrance des permis ont fait que nous n'avons construit qu'une poignée de projets miniers critiques à une époque où nous aurions dû en terminer des dizaines. Par conséquent, les capitaux privés ont commencé à circuler ailleurs.
Les minéraux critiques sont une industrie en plein essor à l'échelle mondiale. Pour participer à la ruée mondiale, le Canada doit prendre des mesures audacieuses et, maintenant, reprendre sa position de chef de file mondial de l'industrie minière.

Sommaire

Historiquement, le Canada a été un centre mondial d'excellence dans le domaine minier. Quarante pour cent de toutes les actions minières sont inscrites à la Bourse de Toronto, et des générations de talents, d'expertise et de capitaux ont été développés au pays.

Cependant, au cours des quinze dernières années, la combinaison de nouvelles exigences restrictives en matière de permis et d'un écosystème d'investissement en déclin a gravement entravé la capacité du pays de trouver et d'exploiter de nouvelles possibilités minières.

Les retards ont mené à un manque de confiance dans la communauté des investisseurs que le Canada produira les minéraux dont nous disposons. Pour exacerber ce marché déjà périlleux, les pratiques non marchandes de la Chine ont fait baisser les prix des minéraux, créant de l'incertitude dans les développements en Occident. Plus récemment, les États-Unis ont pris des mesures importantes pour soutenir leur industrie minière en amenant des capitaux privés au sud de la frontière.

À l'heure actuelle, le monde est à la recherche de nouvelles mines pour fournir les matières premières (y compris les terres rares et autres minéraux) essentielles aux technologies d'énergie propre, aux constructions d'IA et à la sécurité géopolitique. La question est de savoir où vont-ils être construits ?

Le Canada possède encore à la fois l'étendue des ressources naturelles ainsi que le talent, les compétences et le capital nécessaires pour devenir le chef de file mondial dans cette industrie. Cependant, pour y arriver, le pays doit recommencer à construire des projets miniers. Cela nécessite à la fois de permettre la réforme pour donner la confiance que les projets seront construits et d'un catalyseur avec des mécanismes de financement gouvernemental à court terme pour ramener des capitaux privés.

Pourquoi Canadian Mines

Le Canada a passé des décennies à bâtir l'écosystème minier le plus sophistiqué au monde. Le modèle actuel repose sur un mélange de petites entreprises d'exploration (« juniors ») et de grandes organisations (« aînés ») comme Barrick ou Teck. Historiquement, les juniors recueillent des fonds dans le cadre de la TSX Venture pour rechercher des dépôts. Lorsqu'ils trouvaient des sites prometteurs et réduisaient les risques du projet (par des progrès techniques, l'obtention de permis, etc.), ils vendaient à des personnes âgées pour construire et exploiter les mines proprement dites. Ce cercle vertueux a fait de Toronto la capitale mondiale incontestée du financement minier. La TSX et la TSX-V accueillent plus de 1 000 sociétés minières1 — représentant environ 40 % de toutes les sociétés minières publiques dans le monde2 et l'industrie est un élément essentiel de l'économie canadienne, contribuant à hauteur de 117 milliards de dollars (environ 4 %) au PIB national3.

Mais le système connaît un point de basculement critique et risque de se briser. En 2024, seulement 12 introductions en bourse dans le secteur minier ont permis de recueillir 13,79 millions de dollars4. Alors qu'en 2017, les OPI ont recueilli 947,3 millions de dollars5. C'est un effondrement de 98,5 %. Le total des sociétés minières cotées a chuté de 30 % par rapport à 1 600 en 2013.6.

Ce problème a commencé parce que la délivrance des permis est devenue incroyablement lente. Aujourd'hui, une fois qu'un junior a trouvé un gisement, il doit naviguer dans les évaluations d'impact fédérales, les examens provinciaux, les approbations des pêches, les permis d'eau et les consultations avec les Autochtones. Ces examens se déroulent souvent de façon séquentielle et bon nombre d'entre eux peuvent être prolongés indéfiniment.

Aujourd'hui, le Canada a une moyenne de 10 à 15 ans pour permettre la construction d'une nouvelle mine7. Le Cercle de feu de l'Ontario — l'une des possibilités minières les plus intéressantes au monde — est bloqué depuis près de 20 ans8.

Ces délais sont profondément anticoncurrentiels. Aux États-Unis, de nombreux petits projets reçoivent leur premier permis dans les six mois.9. Les pays d'Europe du Nord comme la Suède et la Suède ont régulièrement obtenu des approbations en quelques années.10. Les chefs de file de l'industrie ont confirmé publiquement que ces échéanciers ont été l'une des principales raisons de la réduction des investissements.

Les problèmes créés par cet environnement de délivrance de permis se sont ensuite aggravés pour créer des marchés financiers défavorables. Les investisseurs de détail qui finançaient historiquement les juniors ont quitté le marché et, comme les juniors ne génèrent aucun flux de trésorerie d'exploitation, ils ont besoin d'un accès constant au capital pour les forages, les études et les salaires. Sans financement, les travaux s'arrêtent et aucune nouvelle mine n'est découverte.

Historiquement, les investisseurs ont obtenu des rendements par le biais d'une combinaison de fusions et acquisitions (juniors achetés par des aînés) ou, moins souvent, d'un junior devenant un senior. Cependant, les aînés ont la souplesse nécessaire pour se développer à l'échelle mondiale et avec un bilan de moins en moins de juniors qui réussissent à autoriser des projets miniers au Canada, ils sont partis. Cela a fondamentalement brisé l'écosystème de financement, et sans cet écosystème, les rendements ont diminué et les investisseurs ont cherché à obtenir des rendements ailleurs.

Cela se produit juste à un moment où la demande de minéraux critiques et de nouvelles mines devrait augmenter. L'Agence internationale de l'énergie prévoit que la demande de minéraux critiques doublera d'ici 204011. Les technologies d'énergie propre et les nouveaux centres de données IA reposent davantage sur les minéraux critiques. Les véhicules électriques ont besoin de six fois plus de minéraux que les voitures classiques (plus de 200 kg contre 40 kg)12. Les éoliennes ont besoin de neuf fois plus de minéraux que les centrales à gaz13.

Et non seulement la demande augmente, mais l'offre de ces minéraux qui existe demeure dangereusement concentrée, ce qui entraîne un risque géopolitique. La Chine raffine 90 % des terres rares14, 90 % de graphite15, 77 % du cobalt et vient d'ajouter de nouvelles restrictions en matière de licences aux exportations de minéraux critiques vers les États-Unis16. Au total, les trois principaux producteurs contrôlent plus de 86 % de la production de lithium, de cobalt, de graphite et de terres rares17. Alors que les risques liés à cette concentration deviennent évidents, les pays se débrouillent pour trouver des partenaires fiables dotés de normes environnementales rigoureuses et d'une gouvernance stable.

Le Canada a ce dont il a besoin. Le pays produit plus de 60 minéraux provenant d'environ 200 mines actives18. Il a fait ses preuves de dépôts de lithium, de nickel, de cobalt, de cuivre et de terres rares. Le Québec compte à lui seul 42 projets avancés de minéraux critiques. L'Alberta abrite certaines des plus grandes ressources de lithium au monde. Mais les dépôts n'ont pas d'importance s'ils ne peuvent pas être exploités.

L'exploitation minière revêt une importance économique énorme pour le Canada. Le secteur emploie plus de 400 000 personnes et chacun de ces emplois crée en moyenne des centaines de milliers d'emplois de soutien supplémentaires.19. Pour les collectivités éloignées et nordiques en particulier, l'exploitation minière constitue une bouée de sauvetage économique.

D'autres pays cherchent à tirer parti des retombées économiques des nouveaux projets miniers. L'Australie enregistre maintenant plus d'introductions en bourse que le Canada20. Le programme RIGI de l'Argentine a attiré plus de 30 milliards de dollars dans sept projets de cuivre avec des allégements fiscaux de 30 ans21.

Le Canada doit trouver des solutions pour redynamiser son secteur minier afin de tirer parti des ressources, des talents et des capitaux qui attendent d'être mis à profit.

Solutions existantes

Permission de guichet unique en Norvège22: La Norvège a établi un point de contact unique avec les autorités statutaires pour coordonner tous les organismes pertinents. Toutes les évaluations environnementales sont effectuées en parallèle plutôt que séquentiellement.

Installation pour les minéraux critiques de l'Australie23: Export Finance Australia offre des prêts sans recours couvrant jusqu'à 80 % des coûts du projet à des taux concessionnels inférieurs aux banques commerciales24. Le programme a déployé plus de 2 milliards de dollars pour soutenir des projets de haut niveau comme la raffinerie de terres rares d'Iluka et le projet d'oxyde de NdPr d'Aramura.25. Ce financement comble le fossé où les projets sont techniquement solides, mais ne peuvent pas attirer de capitaux conventionnels.

Ce qu'il faut faire

Établir l'approbation préalable conditionnelle pour les projets stratégiques. Ouvrir le Bureau des grands projets (MPO) à une catégorie « en cours d'examen » pour les projets de construction de minerais critiques de la nation admissible afin de débloquer le soutien aux permis et les instruments financiers nécessaires pour faire avancer ces projets vers les opérations. Ce type d'approbation préalable favorisera « l'encombrement des capitaux publics » alors que le Canada signale qu'il est ouvert aux affaires, comme le ministre Hodgson l'a récemment souligné lors du Forum sur l'innovation énergétique de l'Agence internationale de l'énergie à Toronto. Les projets qui ont satisfait à certaines exigences minimales, comme les études de faisabilité préliminaires ayant des aspects économiques positifs, les feuilles de route définies pour le processus de délivrance des permis, les consultations en cours avec les Premières Nations, etc., peuvent être renvoyés au MPO comme étant en cours d'examen.

Au fur et à mesure que le MPO collabore avec ces projets pour accélérer leur développement, des réformes plus larges du système de délivrance de permis au Canada deviendront claires. Et, au fur et à mesure que des projets seront construits au Canada et que la réforme des permis aura lieu, la nécessité pour le MPO de jouer un rôle dans les projets miniers sera finalement éliminée.

Lancer un mécanisme de financement coordonné. La Critical Minerals Facility (CMF) de l'Australie a déployé plus de 2 milliards de dollars pour construire des projets miniers et maintenant 50 % du lithium mondial est extrait en Australie26. Un modèle basé sur le CMF australien pourrait créer un système permettant aux projets miniers de recevoir un soutien financier comprenant : des prêts sans recours couvrant 80 % des coûts à un taux de 2 à 3 % inférieur aux taux commerciaux avec des durées de 15 à 18 ans ; des facilités de dépassement de coûts à 15 à 20 % des prêts de base avec partage des coûts à 50/50 entre le gouvernement et les promoteurs ; des lettres de crédit pour l'équipement essentiel à long terme pour éliminer les goulets d'étranglement de la chaîne d'approvisionnement ; et des participations gouvernementales de 30 à 50 %.

Ces investissements seraient dérisqués en structurant les décaissements en fonction de jalons clés : faisabilité, permis, ententes, construction, mise en service. Les ententes de dégagement peuvent être utilisées pour assurer la demande du marché. Des stratégies de mobilisation des Autochtones peuvent être prescrites, le cas échéant.

Créer un portail à guichet unique avec le MPO pour coordonner les mécanismes de financement. Le Canada a déjà de nombreux systèmes de financement en place, mais l'harmonisation et la clarté peuvent s'avérer complexes. En coordonnant le Fonds de croissance du Canada, le Fonds stratégique pour l'innovation, la Banque de l'infrastructure, Exportation et développement Canada et les organismes régionaux, le Canada peut déployer les capitaux au bon moment pour les bons projets. L'entrée rapide dans la nouvelle catégorie « en cours d'examen » de la nouvelle MPO garantira que les projets sont examinés et suivis tout au long de leur élaboration et simplifiera les décisions finales d'investissement pour s'assurer que davantage de projets obtiennent le financement dont ils ont besoin. Ce portail peut également être utilisé pour établir un point d'entrée unique avec les agences de crédit à l'exportation qui ont des programmes de financement coordonnés avec des partenariats avec des entreprises canadiennes telles que US EXIM, Australia EFA et Japan JBIC (par l'entremise de JOGMEC), entre autres, pour un soutien international. Le résultat final, nous construisons plus de projets miniers.

Questions courantes

Le processus accéléré ne compromet-il pas la protection de l'environnement ? Les normes environnementales demeurent inchangées. Accélérer signifie éliminer les examens redondants et les goulots d'étranglement séquentiels, et non réduire les garanties substantielles. La Norvège et la Suède respectent des exigences environnementales rigoureuses tout en réduisant les délais grâce à un traitement parallèle. Les projets nécessitent toujours des évaluations d'impact complètes, des consultations publiques et la conformité au droit de l'environnement. L'innovation élimine les retards inutiles tout en préservant les protections.

Pourquoi les contribuables devraient-ils financer des sociétés minières ? Le mécanisme de financement utilise des prêts et non des subventions. Les contribuables reçoivent des paiements d'intérêts, des redevances et des gains potentiels en capital. Le CMF australien a déployé 2 milliards de dollars, ce qui montre que des mécanismes similaires ont déjà prouvé leur viabilité. Les structures de non-recours limitent l'exposition du gouvernement aux actifs du projet seulement. L'autre solution consiste à regarder les investissements fuir vers l'Australie, l'Argentine et la Suède alors que les dépôts du Canada demeurent peu exploités. Les retombées économiques provenant des redevances, des impôts et de l'emploi dépassent de loin les coûts de financement.

Ces propositions ne favorisent-elles pas l'industrie plutôt que les communautés autochtones ? Les ententes obligatoires sur les répercussions et les avantages et les stratégies de mobilisation des Autochtones signées lors de l'élaboration sur des terres de la Couronne sont des conditions préalables à la délivrance de permis et au financement accélérés. Cela incite à une véritable consultation et à un partage des avantages plutôt qu'à des gestes symboliques. Les projets ne peuvent pas progresser sans le soutien des Premières Nations. Les réformes permettent aux collectivités qui souhaitent le développement minier de voir les projets aller de l'avant, tout en conservant le droit de dire non aux projets qui ne répondent pas à leurs normes ou qui n'offrent pas des avantages adéquats.

Conclusion

Le Canada a bâti les marchés de capitaux miniers les plus sophistiqués au monde et a été le pionnier du modèle de développement des jeunes à la haute direction. Mais des délais de délivrance de permis de 15 ans et une défaillance du marché, pour des raisons canadiennes et internationales, ont brisé cet écosystème. La demande mondiale de minéraux critiques doublera d'ici 2040 à mesure que le déploiement de l'énergie propre s'accélère. Les pays y prêtent attention. Les États-Unis, l'Australie, la Suède et l'Argentine mettent en œuvre les réformes exactes dont le Canada a besoin. Le pays a encore les ressources, le talent et l'infrastructure nécessaires pour diriger. Il ne les aura pas éternellement. Corriger le système au moyen d'une pré-approbation conditionnelle assortie d'échéances contraignantes. Lancer un financement ciblé pour combler le déficit de capital. Agissez maintenant tant que l'occasion se présente.

Indicative Legal Changes

Stay Connected
Subscribe
Build a Better Canada
Get Involved
S'abonner