Le premier ministre Mark Carney a affirmé que « nous sommes au début d'une transformation industrielle, d'une transformation de cette économie », la qualifiant de « plus grande transformation depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».1
Pour traverser cette période de crise, les chefs d'entreprise canadiens, les entreprises en démarrage, les entreprises à grande échelle et les grandes entreprises doivent faire leur part. En tirant parti de la structure du programme Échanges Canada existant, le gouvernement peut solliciter les points de vue et l'expertise du secteur privé, et le secteur privé peut prêter ses meilleurs talents techniques et partager des connaissances et des approches de pointe.
Cette collaboration contribuera à améliorer les capacités techniques des gouvernements pour accélérer l'adoption de l'IA, renforcer les capacités de défense, améliorer l'approvisionnement stratégique, négocier des accords commerciaux optimaux et plus encore. Le Canada a la chance d'avoir déjà une fonction publique hautement qualifiée ; le renforcement des liens avec le secteur privé enrichira et renforcera encore ses efforts.
Cible : Dans les 60 jours, affecter 50 cadres techniques supérieurs d'entreprises canadiennes du secteur privé à des rôles clés dans le secteur public. Prévoyez de porter le programme à 500 en fonction des résultats initiaux.
Le Canada a une fière histoire de dirigeants du secteur privé qui ont contribué du temps et de l'expertise à des projets nationaux dirigés par le gouvernement.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, C.D. Howe a aidé à organiser plus d'une centaine de chefs de file industriels du Canada pour travailler pour le gouvernement afin d'organiser et de soutenir les efforts de guerre, produisant tout, des munitions aux avions, et non seulement en aidant à assurer la victoire du Canada dans la guerre, mais en transformant le pays en une nation industrielle moderne.2. Ces dirigeants étaient appelés les « hommes d'un dollar par an » parce qu'ils consacraient leur temps et leur énergie à servir le pays pour un salaire nominal d'un dollar par année plus les dépenses, bien que beaucoup refusent même de facturer leurs dépenses.
Après la guerre, des cadres supérieurs du secteur privé continuent de soutenir le secteur public canadien en pleine croissance. En 1971, le gouvernement a mis sur pied le programme Échanges Canada pour permettre aux meilleurs membres de l'industrie de travailler avec des organismes gouvernementaux pendant une courte période afin de fournir leur savoir-faire et leur expertise en gestion afin de maintenir les coûts bas et d'assurer des services efficaces.3. Ces programmes ont connu une croissance rapide et, en l'espace d'une décennie, plus d'un millier de dirigeants du secteur privé ont appuyé le gouvernement.
En plus de ces activités, le gouvernement fédéral cherche depuis longtemps les points de vue du secteur privé. De la Commission Macdonald dans les années 1980 aux tables rondes de l'industrie dans le cadre des discussions sur les accords commerciaux entre le Canada et les États-Unis et l'ALENA, les entreprises canadiennes ont contribué à l'élaboration de politiques publiques par l'entremise d'un certain nombre de mécanismes.
À l'échelle mondiale, le recours aux meilleurs talents du secteur privé est une pratique courante et éprouvée pour aider à améliorer les politiques gouvernementales. Le Danemark a nommé un ambassadeur technologique basé à San Francisco pour travailler avec les grandes entreprises technologiques afin d'apprendre directement d'elles4. L'Allemagne utilise un Conseil numérique composé de 10 experts externes pour consulter le bureau de la chancelière5. Les États-Unis utilisent les Presidential Innovation Fellows pour intégrer les talents de la Silicon Valley dans les agences gouvernementales6 et le détachement 201, qui vient d'être lancé, vise à recruter des cadres de la technologie pour servir la Réserve de l'Armée à titre de conseillers principaux7. Depuis 2017, le Royaume-Uni a détaché 100 cyberexperts du secteur privé au Centre national de cybersécurité pour former les employés du gouvernement et assurer un savoir-faire de pointe. L'Inde a fait appel à l'entrepreneur informatique Nandan Nilekani pour construire le système d'identification numérique Aadhaar, qui dessert maintenant 1,3 milliard de personnes et a permis d'économiser 9 milliards de dollars en réduisant la fraude8.
Le Canada est confronté à de sérieux défis en matière d'adoption de l'IA, de capacités de défense, de logiciels d'entreprise, d'approvisionnement stratégique et d'autres domaines où il y a des experts qualifiés dans des entreprises du secteur privé. Nous avons besoin de leurs connaissances techniques maintenant. En faisant appel à des experts du secteur privé pour aider directement le gouvernement, cela permettra à nos dirigeants du secteur public d'élaborer des politiques plus pertinentes dans notre monde en évolution rapide, en aidant notre économie à croître plus rapidement, notre fonction publique utilise des outils de pointe et nos militaires disposent du meilleur équipement.
Les entrepreneurs canadiens ont bâti de nombreuses entreprises de calibre mondial. Ces succès ont aggravé la main-d'œuvre instruite du Canada, les établissements stables et les investissements publics dans la recherche. À l'instar des hommes qui ont servi en temps de guerre, le Canada a besoin que les dirigeants d'aujourd'hui agissent et contribuent directement. Les gouvernements devraient accueillir l'expertise supplémentaire du secteur privé et mettre en place des systèmes pour l'utiliser efficacement. De plus, les entreprises devraient prêter certains de leurs meilleurs talents techniques au gouvernement tout en couvrant leurs salaires.
Pour les experts sélectionnés, ce sera un excellent avantage et une source de fierté. Beaucoup aimeraient consacrer leur temps et leurs compétences à l'édification du Canada en cette période de transformation urgente. Mais bon nombre d'entre eux ne peuvent pas s'engager à temps plein ou changer de carrière. Ce programme permettrait à nos meilleures entreprises d'aider leurs employés et le pays en même temps.
Tirer parti de la structure du programme Échanges Canada pour intégrer des experts du secteur privé aux rôles clés du secteur public. Le gouvernement devrait immédiatement lancer une version modernisée du programme Échanges Canada, ciblant spécifiquement les personnes possédant une expertise technique approfondie en intelligence artificielle, apprentissage automatique, fabrication de pointe, logiciels d'entreprise, marketing et approvisionnement stratégique. Le programme commencera par 50 personnes soigneusement sélectionnées qui feront rapport au BCP et seront affectées dans les ministères prioritaires, y compris Innovation, Sciences et Développement économique, Services publics et Approvisionnement Canada et le Secrétariat du Conseil du Trésor. Chaque participant sera intégré dans des domaines clés avec des rôles spécifiques pour aider à développer des logiciels d'entreprise, des stratégies d'approvisionnement, la mise en œuvre de l'IA, et plus encore. Contrairement aux détachements traditionnels, les entreprises participantes couvriront 100 % des salaires et avantages sociaux de leurs employés pendant qu'elles servent des mandats de 12 à 24 mois. Pour s'assurer que ces personnes sont utilisées de manière rapide et efficace, le programme utilisera un processus d'approbation et d'intégration accéléré.
Créer des processus d'approbation accélérée et éliminer les obstacles bureaucratiques qui ralentissent habituellement l'intégration du secteur privé. Le gouvernement établira un bureau de programme spécialisé au sein du Bureau du Conseil privé qui sera habilité à accélérer les habilitations de sécurité, à contourner les procédures normalisées des RH et à fournir un accès immédiat aux espaces de travail et à la technologie pour les participants entrants. Ce bureau entretiendra également des relations avec les entreprises canadiennes, recrutera activement des participants et mettra l'expertise en adéquation avec les besoins du gouvernement. Une entente de participation normalisée simplifiera l'intégration et assurera des attentes uniformes pour tous les placements, en ce qui concerne les protections de la propriété intellectuelle, les lignes directrices sur les conflits d'intérêts et les exigences en matière de transfert des connaissances.
N'avons nous pas tous les talents dont nous avons besoin dans la fonction publique fédérale ? Il ne fait aucun doute que le Canada a une fonction publique de calibre mondial remplie de professionnels très talentueux. Mais il y a au moins deux raisons pour lesquelles il est toujours essentiel de faire appel à l'expertise du secteur privé. Premièrement, travailler dans le secteur privé offre une perspective différente de celle de travailler au gouvernement. L'intégration de l'expérience de première ligne est essentielle à l'amélioration de la politique économique. Deuxièmement, il y a des domaines techniques précis, comme l'infrastructure de l'IA, où les principales entreprises du secteur privé possèdent des compétences uniques qui ne se sont pas encore diffusées dans le reste de la société.
Cela ne donnera-t-il pas aux grandes entreprises une influence indue sur la politique gouvernementale et ne créera-t-il pas des conflits d'intérêts ? Le programme comprendra des règles strictes pour prévenir l'influence des entreprises tout en saisissant l'expertise dont le Canada a besoin. Chaque participant serait tenu de respecter des normes rigoureuses en matière de conflits d'intérêts. L'accent sera mis sur le déploiement de compétences techniques comme la construction de systèmes d'IA et l'amélioration de l'approvisionnement, et non sur la rédaction de règlements. En fin de compte, le niveau politique élu sera toujours responsable et responsable.
Pourquoi les contribuables devraient-ils croire que les employés du secteur privé agiront dans l'intérêt public plutôt que dans l'intérêt de leur entreprise ? Ces experts sont responsables des objectifs du gouvernement, et non des bénéfices des entreprises. Chaque personne travaille au sein du gouvernement, suit les lignes directrices en matière d'éthique et de conflit d'intérêts et est mesurée quant au service des Canadiens. Le Canada peut tirer profit de leurs connaissances, surtout dans des domaines comme l'intelligence artificielle où la technologie change tous les quelques mois.
N'est-ce pas comme le Department of Government Efficiency aux États-Unis ? Pourquoi serait-il judicieux de gérer le gouvernement comme une entreprise ? Il ne s'agit pas de gérer un gouvernement comme une entreprise. Il s'agit de déployer les talents techniques canadiens là où le pays en a le plus besoin. Dans un moment de transformation économique, nous devons utiliser toutes les ressources à notre disposition.
N'est-ce pas simplement du bien-être des entreprises, qui permet aux entreprises d'obtenir une formation gratuite tout en évitant les frais de consultation ? Cela permet aux contribuables d'économiser beaucoup d'argent tout en produisant de meilleurs résultats. Le gouvernement paie actuellement de 200 à 500$ l'heure pour des conseils spécialisés en technologie, ce qui coûte des millions de dollars par année pour des conseils à temps partiel. Dans le cadre de ce programme, les entreprises paieront 100 % des salaires des employés, tandis que le gouvernement fera appel à des experts à temps plein plutôt qu'à des consultants coûteux. Non seulement la main-d'œuvre est gratuite pour le gouvernement, mais les connaissances et les systèmes mis en place demeureront lorsque ces experts enseigneront au personnel permanent.
Le Canada fait face à sa plus grande transformation économique depuis la Deuxième Guerre mondiale. Le secteur privé possède une expertise technique que le gouvernement peut utiliser pour déployer des logiciels d'entreprise, naviguer dans l'intelligence artificielle, améliorer l'approvisionnement et stimuler la croissance. Les dirigeants d'entreprise doivent agir, tout comme les hommes d'un dollar par an l'ont fait en temps de guerre. En intégrant au moins 50 experts de haut niveau au sein du gouvernement tout en couvrant l'intégralité de leurs salaires, les entreprises peuvent s'assurer que notre gouvernement dispose du meilleur savoir-faire technique de sa catégorie et qu'il soit équipé pour stimuler la productivité et la croissance. Il ne s'agit pas de bien-être corporatif ou d'influence indue. C'est un devoir patriotique. Le gouvernement peut permettre ces mesures en utilisant la structure du programme Échanges Canada pour accélérer les rôles ayant un impact réel, et les dirigeants d'entreprise devraient répondre à l'appel de servir leur pays.
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