Unir le Canada grâce à une année de service national

Le Canada a connu un déclin alarmant de la fierté nationale, de l'engagement communautaire et de l'unité. Un programme obligatoire d'engagement civique d'un an permettra aux Canadiens de renouer des liens entre eux et avec leur pays.
En 2024, seulement 34 % des Canadiens se disent « très fiers » d'être Canadiens, ce qui représente une forte baisse par rapport à 52 % en 2016. Chez les jeunes Canadiens, les chiffres sont encore pires.
En jouant ensemble des rôles significatifs partout au pays, les Canadiens développeront leur responsabilité civique tout au long de leur vie, répondront à des besoins nationaux critiques et reconstruiront notre unité nationale qui s'effondre.

Objectifs

Le Canada doit faire face à la crise de l'unité nationale en mettant sur pied un programme d'engagement civique transformateur qui rassemble des Canadiens de tous les horizons au service de leur pays. Ce programme rétablira la fierté de notre identité nationale tout en fournissant des services essentiels qui renforcent nos collectivités. Dans le cadre de cette initiative, nous allons :

  • Augmenter le pourcentage de Canadiens qui déclarent être « fiers » de leur nationalité à 75 % d'ici cinq ans
  • Comparer les pénuries critiques de main-d'œuvre dans les soins de santé, les métiers spécialisés et les collectivités rurales en déployant 250 000 Canadiens chaque année dans des rôles de service d'ici 2030

Contexte et motivation

Le Canada connaît un déclin sans précédent de la cohésion nationale. Des sondages récents montrent que seulement 34 % des Canadiens déclarent être « très fiers » d'être Canadiens, ce qui représente une baisse considérable par rapport à 52 % en 20161.

Ce déficit de fierté nationale est le plus aigu chez les jeunes Canadiens. Moins de la moitié des Canadiens de moins de 35 ans se disent fiers de leur nationalité, et seulement 48 % des jeunes hommes et 41 % des jeunes femmes ressentent ce lien2. Plus troublant encore, plus de 63 % des jeunes femmes considèrent maintenant leur attachement au Canada comme étant principalement transactionnel, fondé uniquement sur des considérations relatives au niveau de vie3.

Au-delà de la fierté, l'engagement communautaire réel s'est effondré. Les taux de dons de bienfaisance et de bénévolat ont chuté, moins de 20 % des Canadiens demandant maintenant des crédits d'impôt pour dons de bienfaisance, en baisse par rapport aux niveaux historiques beaucoup plus élevés4. Entre-temps, en raison d'une grave crise de recrutement militaire, les Forces armées canadiennes sont inférieures de plus de 15 000 membres (environ 15 %) à l'effectif autorisé5 — une situation que le ministre de la Défense a qualifiée de « spirale mortelle ».6

Les divisions provinciales menacent davantage notre unité. Le Québec signale toujours le plus faible attachement canadien, avec seulement 30 % des Québécois se sentant profondément liés au Canada, tandis que les provinces de l'Ouest ont vu la fierté canadienne chuter de 25 à 28 points de pourcentage depuis 20167. Cette aliénation a atteint le point où l'Alberta et la Saskatchewan ont adopté des « lois sur la souveraineté » pour affirmer l'autorité provinciale contre les politiques fédérales.

Ce qui est peut-être le plus alarmant, c'est qu'un sondage réalisé à la fin de 2024 a révélé que 13 % des Canadiens pensent que le Canada devrait rejoindre les États-Unis s'il s'accompagnait d'une citoyenneté américaine garantie et d'incitatifs financiers.8, ce nombre passant à environ 20 à 25 p. 100 parmi ceux qui sont prêts à l'envisager. Parmi les jeunes Canadiens âgés de 18 à 34 ans, 43 % seraient choquants d'envisager l'annexion par les États-Unis9.

D'autres pays confrontés à des défis similaires ont mis en œuvre avec succès des programmes de services nationaux. Le service obligatoire de Singapour rassemble des citoyens chinois, malais, indiens et d'autres communautés pour vivre et s'entraîner ensemble, renforçant ainsi une identité nationale commune. Israël utilise son service militaire pour forger une nation à partir de divers immigrants, en enseignant l'hébreu, en inculquant des valeurs communes et en créant un peuple israélien. La conscription universelle de la Finlande est largement considérée comme un pilier de la résilience et de la cohésion nationales, environ 79 % des Finlandais soutenant le programme.

Le Canada doit établir son propre modèle de service civique obligatoire pour reconstruire notre tissu national. En rassemblant des jeunes Canadiens de tous les milieux et de toutes les régions, nous pouvons créer des expériences partagées qui transcendent les différences et redonnent un sens à un but commun. Ce programme répondrait également à des besoins nationaux critiques tout en offrant aux participants des compétences et des liens significatifs.

L'érosion de notre unité nationale n'est pas simplement une préoccupation philosophique, elle menace notre prospérité économique, notre cohésion sociale et, en fin de compte, notre existence en tant que pays uni. Nous devons agir maintenant avant que cette fragmentation ne devienne irréversible.

Solutions du monde réel

Service national de Singapour10 a effectivement uni une société multiethnique depuis 1967. Tous les citoyens de sexe masculin et les résidents permanents servent pendant deux ans dans les forces militaires, policières ou de protection civile. Le programme mélange intentionnellement des citoyens de différentes origines ethniques, créant ainsi une expérience partagée qui transcende les différences culturelles. Les dirigeants du gouvernement le décrivent comme « le ciment qui lie notre société ». Singapour a maintenu une cohésion sociale exceptionnelle malgré une population composée de Chinois (74 %), de Malais (13 %), d'Indiens (9 %) et d'autres ethnies11.

Loi sur les services de défense israéliens12,13,14 exige le service militaire obligatoire pour la plupart des citoyens âgés de 18 ans. Au-delà de la défense, le système constitue un puissant mécanisme d'intégration sociétale. Les Forces de défense israéliennes fonctionnent comme une « armée populaire » où se rassemblent de jeunes Israéliens d'horizons très différents, qu'ils soient nés au pays, immigrants de Russie ou d'Éthiopie, urbains ou ruraux. David Ben Gurion a explicitement conçu le programme pour forger une nation unifiée à partir de divers immigrants en enseignant l'hébreu, en inculquant des valeurs communes et en créant des liens entre les citoyens. Le système comprend des mesures d'hébergement spéciales pour les nouveaux immigrants, les conditions de service étant ajustées en fonction de l'âge d'arrivée.

Système de conscription de la Finlande a maintenu un soutien public extrêmement élevé tout en favorisant la résilience nationale. En vertu de la Loi sur la conscription, tous les citoyens finlandais de sexe masculin servent dans l'armée ou dans le service civil agréé à partir de l'âge de 18 ans. Les « journées d'appel » annuelles dans chaque municipalité réunissent la cohorte de l'année pour l'évaluation et l'attribution des services. Bien qu'il soit obligatoire, de nombreux Finlandais abordent le service avec un esprit de bénévolat, comme en témoigne la forte rétention dans les exercices de réserve volontaires. Le programme renforce une identité nationale centrée sur le « maanpuolustus » (défense de la patrie) et bénéficie d'un soutien public d'environ 79 % — l'un des niveaux les plus élevés en Europe.

Ce qu'il faut faire

Établir un programme transformateur du Service civique canadien qui oblige tous les citoyens âgés de 18 à 30 ans à terminer une année de service. Ce programme permettra de reconnecter les Canadiens entre eux et avec leur pays, d'acquérir des compétences précieuses et de répondre à des besoins nationaux critiques.

  • Établir une exigence obligatoire d'engagement civique d'un an pour les citoyens canadiens âgés de 18 à 30 ans. La Loi sur le service civique canadien exigera que tous les citoyens terminent une année de service, les participants ayant le choix entre l'enrôlement militaire ou les options de service civil approuvées. Les parcours de service seront des rôles qui favorisent l'intérêt public et favorisent l'unité nationale. Les options militaires pourraient inclure les forces armées ou les corps de cyberdéfense. Les options civiles pourraient inclure des projets d'infrastructure nationaux, des rôles en santé publique, des efforts environnementaux ou des technologies civiques. Le programme sera administré par une nouvelle Agence des services civiques du Canada au sein du ministère du Patrimoine canadien, qui travaillera en partenariat avec les provinces, les territoires et les communautés autochtones.
  • Mettre en œuvre un déploiement progressif en commençant par les jeunes participants. En commençant par les jeunes de 18 ans au cours de la première année, le programme sera progressivement élargi pour inclure des groupes d'âge plus âgés jusqu'à 30 ans sur une période de cinq ans. Les personnes inscrites aux études postsecondaires peuvent différer le service jusqu'après l'obtention de leur diplôme, mais doivent le terminer avant l'âge de 30 ans. L'approche par étapes permettra le développement de l'infrastructure, le perfectionnement des programmes d'études et le renforcement des capacités, tout en fournissant des exemples de réussite précoces pour renforcer le soutien du public. La première phase de la mise en œuvre ciblera 50 000 participants au cours de la première année et passera à 250 000 par année d'ici la cinquième année.

  • Créer une structure incitative convaincante pour les participants au programme. Tous les participants recevront une allocation de subsistance correspondant à 75 % du salaire minimum, des prestations de santé complètes et des allocations de logement lorsqu'ils servent à l'extérieur de la maison. À la fin, les participants seront admissibles à des crédits d'études d'une valeur maximale de 10 000$ applicables au remboursement des frais de scolarité ou des prêts étudiants. Les employeurs recevront des incitatifs fiscaux pour embaucher des diplômés du programme, et les anciens du programme recevront une considération prioritaire pour un emploi fédéral. Ces avantages feront en sorte que le programme soit considéré comme un investissement précieux plutôt que comme une simple obligation.

  • Établir des partenariats avec les gouvernements provinciaux, les établissements d'enseignement et les employeurs. Les ententes fédérales-provinciales établiront des quotas de placement de services harmonisés avec les besoins régionaux et les contributions financières provinciales. Les universités et les collèges offriront des crédits académiques pour les expériences de service et élaboreront des parcours éducatifs avant et après le service. Les grands employeurs s'engageront à reconnaître l'expérience de service dans les pratiques d'embauche, les 100 plus grandes entreprises canadiennes s'engageant à interroger les diplômés du programme. Ces partenariats créeront un écosystème complet qui appuiera la réussite du programme.

  • Offrir des possibilités de participation volontaire aux immigrants et aux résidents permanents. Les non-citoyens seront encouragés à faire du bénévolat pour le programme au moyen d'avantages importants en matière d'immigration, y compris des demandes de citoyenneté accélérée pour les résidents permanents qui terminent leurs services. Les résidents temporaires peuvent obtenir une considération prioritaire pour la résidence permanente grâce à la participation. Le programme comprendra des options adaptées à la culture et un soutien linguistique pour assurer l'accessibilité pour les nouveaux Canadiens, tout en créant des possibilités d'intégration grâce à des services partagés avec les citoyens nés au Canada.

  • Établir des conséquences significatives en cas de non-conformité tout en assurant l'équité. Ceux qui refusent le service sans exemption légitime pour raisons médicales ou familiales seront assujettis à des restrictions, notamment l'inadmissibilité aux prêts étudiants fédéraux, l'exclusion d'un emploi fédéral et une taxe annuelle de responsabilité civique de 2 000$ jusqu'à ce que le service soit terminé ou que l'exemption d'âge (30 ans) soit atteinte. Les processus d'appel permettront l'examen des cas, et les autres options de service s'adapteront à diverses circonstances. Ces mesures assureront des taux de participation élevés tout en respectant les situations individuelles.

  • Élaborer une solide campagne de marketing nationale célébrant le service et les valeurs canadiennes partagées. Lancer une campagne multiplateforme « Servez le Canada » mettant en vedette divers participants au service et mettant en lumière les histoires d'impact. Intégrer les expériences de service dans les programmes scolaires dès le collège pour sensibiliser le public et susciter des attentes positives. Créer des événements annuels de reconnaissance, y compris une Journée nationale du service et des prix pour des contributions exceptionnelles au service. La campagne renforcera l'appui du public et fera du service une fière tradition canadienne plutôt qu'une obligation.

Le succès sera mesuré au moyen de mesures exhaustives permettant de suivre les indicateurs de l'unité nationale, les taux de participation, l'impact économique et les résultats des participants. Les nouveaux outils de responsabilisation comprendront des rapports publics trimestriels, un comité de surveillance indépendant composé de représentants multipartites et un rapport annuel au Parlement. La mise en œuvre initiale du programme commencera dans les six mois suivant l'adoption de la loi, et la première cohorte de participants commencera le service dans les 18 mois.

Questions courantes

  • Le service obligatoire ne constitue-t-il pas une violation des libertés individuelles ? La liberté personnelle et la citoyenneté comportent à la fois des droits et des responsabilités. Le programme comprend des dispositions pour les personnes qui font face à de graves difficultés et offre diverses options de service pour tenir compte des valeurs et des capacités différentes. La plupart des pays démocratiques où le service est obligatoire, y compris la Corée du Sud et la Finlande, maintiennent des classements élevés en matière de liberté, ce qui démontre que les obligations civiques et la liberté personnelle peuvent coexister avec succès.

  • Ce programme n'aura-t-il pas une incidence disproportionnée sur les Canadiens à faible revenu qui ne peuvent pas retarder leur entrée sur le marché du travail ? Le programme est conçu en se fondant sur l'équité. Tous les participants reçoivent des allocations de subsistance, des allocations de logement et des crédits d'études. Les participants à faible revenu peuvent choisir des options de service près de chez eux pour maintenir des réseaux de soutien familial. Les données recueillies dans les pays où le service est obligatoire montrent qu'il augmente en fait la mobilité sociale en fournissant aux jeunes défavorisés des compétences et des liens précieux.

  • Qu'en est-il de l'impact économique du retrait des jeunes du marché du travail ? En fait, le programme renforcera notre économie à long terme. Les participants acquerront des compétences précieuses pour remédier aux pénuries critiques de main-d'œuvre dans les soins de santé, les métiers spécialisés et d'autres secteurs. Selon des données internationales, les programmes nationaux de services améliorent la préparation de la main-d'œuvre et réduisent le chômage chez les jeunes. La mise en œuvre progressive permet aux secteurs économiques de s'adapter graduellement au nouveau système.

  • Comment comptez-vous accommoder les personnes ayant un handicap ou des problèmes de santé ? Le programme offrira une vaste gamme d'options de service adaptées à diverses capacités, y compris les rôles administratifs, techniques et de soutien. Les personnes ayant des handicaps importants qui empêchent une participation significative recevront des exemptions médicales. Cependant, notre approche suppose que la plupart des gens peuvent contribuer dans une certaine mesure, en mettant l'accent sur les capacités plutôt que sur les limites.

  • N'est-ce pas simplement une militarisation des jeunes déguisés ? Non. Le service militaire n'est qu'une des nombreuses options, et la plupart des participants choisiront probablement des voies civiles. L'objectif principal du programme est de renforcer l'unité nationale et la responsabilité civique, et non la préparation militaire. Tous les parcours de service, y compris les options militaires, mettront l'accent sur le renforcement communautaire, l'éducation civique et le perfectionnement des compétences transférables qui profitent à la vie civile.

Conclusion

Le programme du Service civique canadien représente notre meilleure occasion d'inverser le déclin de l'unité nationale, de répondre aux besoins critiques en matière de main-d'œuvre et d'investir dans nos jeunes. En rassemblant des Canadiens de tous les horizons pour servir leur pays et les uns les autres, nous reconstruisons les expériences partagées et la compréhension mutuelle essentielles à notre existence en tant que nation unifiée. Non seulement le programme s'attaque aux défis nationaux immédiats, mais crée une nouvelle génération de citoyens engagés engagés envers l'avenir du Canada. Il est temps d'aller au-delà de l'espoir que l'unité nationale se réparera d'une manière ou d'une autre. Grâce au service partagé, nous pouvons redevenir un pays que les citoyens sont fiers d'appeler chez eux.

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